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Brest, 14 septembre 2018. Sous-marin nucléaire Le Vigilant à l'horizon !

N’en déplaise à Jacques Prévert, il ne pleut pas sur Brest ce jour-là !
La météo marine est formelle : Temps ensoleillé, mer d’huile, vent force 2…
Les 28 Jansoniens candidats venus pour visiter le SNLE Le Vigilant - un véritable privilège - sont bien arrivés.

Première étape, visite du musée de la Marine, situé dans le château qui a traversé les siècles. C’est l’un des quatre établissements du Musée national de la Marine dont le siège est à Paris, au palais de Chaillot.  Ce site stratégique et fortifié dès l’époque romaine protège l’entrée de la Penfeld, rivière dont les rives sont devenues port de guerre par la volonté du duc de Richelieu comme l’écrit Jules Michelet dans son Tableau de la France (1883) : « Brest, le grand port militaire, la pensée de Richelieu, la main de Louis XIV ; fort, arsenal et bagne, canons et vaisseaux, armées et millions, la force de la France entassée au bout de la France ».
Si Richelieu en a été l’initiateur, c’est surtout à Vauban que l’on doit la silhouette actuelle de la forteresse avec la construction au nord-est d’un imposant fort bastionné qui permet de protéger le château d’une attaque terrestre.

La porte franchie dévoile une vaste esplanade aménagée pour s’adapter aux besoins de l’artillerie du XIXème siècle. Commence alors une visite de deux heures avant l'arrivée du trans-rade (navire à passagers) qui doit nous amener à l’Ile Longue où nous attend Le Vigilant.

Après un tour sur le chemin de ronde qui a vue sur toute la Penfeld, nous entrons dans une grande salle qui abrite une collection de figures de proue en bois, dont celles de Mars, Amphitrite et Neptune, que l’on doit à d’Yves Collet. Puis nous traversons les salles consacrées à l’histoire de l’arsenal, au bagne et à la vie maritime du Ponant.

Moment d’émotion aussi à la découverte de la passerelle de commandement de l’escorteur d’escadre Vauquelin, témoin impressionnant de la technique française avant l’ère du numérique. Pour clore cette visite du musée : l’exposition consacrée à l’art du camouflage.

Revenus à l’air libre, nous tombons sur un sous-marin de poche de type Seehund qui rappelle judicieusement que le château abrite aussi les bureaux de la préfecture maritime, la résidence du préfet et, dans les tunnels creusés sous ces bâtiments par les Français puis par les Allemands au cours de la seconde guerre mondiale, le commandement de la Force Océanique Stratégique (FOST).

Après avoir franchi le pont Gueydon, pont flottant très présent dans les chansons de marins, nous embarquons sur le trans-rade qui doit nous mener au cœur de la dissuasion française, l’Ile Longue située sur la presqu’île de Crozon. Le passage, très strict, des portails de sécurité, nous délestera temporairement de nos appareils de photos et portables.
Le Vigilant est l’un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la flotte océanique stratégique avec Le Triomphant, Le Téméraire et Le TerribleA la différence du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) qui est un chasseur, le SNLE se dissimule dans l’océan, silencieux et indétectable, toujours prêt à lancer le feu nucléaire si le Président de la République le décide.

Nous voilà répartis en quatre petits groupes pour réaliser cette visite très privée  commencée par la "tranche" du sous-marin abritant les soutes à torpilles et les missiles tactiques avant de rejoindre le poste central de navigation, à l’avant du bâtiment. Les soutes contiennent 16 tubes dont les "ogives" abritent 96 têtes nucléaires, furtives et indépendantes. Leur portée est supérieure à 8000 km, leur précision est de 200 mètres. Le tir est exécuté par le commandant du bâtiment, sur ordre direct de l’Élysée. Cet ordre, une fois donné, est irréversible.

Nous traversons la tranche « vie » du sous-marin, la cafétéria qui est le lieu le plus vaste du sous-marin accueille officiers mariniers et matelots, le carré des officiers, espaces de convivialité et souvent d’instruction. Nous apercevons les couchettes de l’équipage, chacun ayant son espace personnel isolé des autres par un rideau dans des postes (les chambres hébergeant deux à six personnes).

Puis nous arrivons au « CO », le central opérations qui abrite les consoles multifonctions utilisées pour l’écoute, la détection des adversaires, la mise en œuvre des armes, la table à cartes numérique qui visualise la route du sous-marin, ainsi que les périscopes qui permettent la reprise de vue.

Nous n’irons pas plus loin : derrière une porte épaisse se trouve le réacteur nucléaire qui alimente en énergie tout le bâtiment tant pour la propulsion (turbines à vapeur) que pour les besoins de la vie quotidienne. Nous ne verrons pas non plus l’antenne qui permet au SNLE en plongée de recevoir des informations du monde extérieur, les messages opérationnels et les « familigrammes », ces télégrammes hebdomadaires d’une vingtaine de mots chacun adressés par les familles aux membres de l’équipage. Des messages qui restent sans réponse puisque le SNLE doit rester totalement « silencieux », indétectable.

La patrouille d’un SNLE dure soixante-dix jours en moyenne, deux mois et demi pendant lesquels les marins sont quasiment totalement coupés du monde.

Après une heure trente de visite, nous remontons « à la surface » et le pont noir du Vigilant, impressionnés par ce condensé de technique, de technologie et de puissance mis en œuvre par une centaine d’hommes et de femmes (moins nombreuses !) puisque la FOST se féminise.

Le soleil illumine toujours la rade, les portails de l’Ile Longue se referment derrière nous. Les sous-mariniers d’un jour vont retourner à la vie civile et laisser les marins du Vigilant poursuivre les préparatifs de leur prochain départ.

Chaque Jansonien reprend son sac. Retour vers son port d'attache. La Seine est calme. La nuit est tombée. La brise, aussi...
Moments inoubliables pour ces 28 Jansoniens de l’AEJS, invités privilégiés de la Force océanique stratégique de la Marine nationale qu'ils remercient ici.

Les sous-mariniers (les vrais !) ont fêté la 500ème patrouille de SNLE le 11 octobre 2018. Depuis le 21 mars 1972, ces patrouilles assurent la permanence de la dissuasion française à la mer. Une permanence qui constitue littéralement l’assurance-vie de la Nation.

 

* Les quatre sites du Musée national de la Marine sont : Paris (Chaillot et Dugny), Brest, Port-Louis (près de Lorient), Rochefort (musée de la Marine et musée de l’ancienne école de médecine navale) Toulon.

 

La visite était organisée par Marielle Vichot,
Secrétaire générale de l’AEJS - Les Jansoniens

Récit de Marielle Vichot
Photos : René Pinon / Marielle Vichot

 

 


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  • Jean-Louis Debré
    Jean-Louis Debré

    26-06-2019

    Né en 1944, Jean-Louis Debré appartient à une famille illustre. Son grand-père, Robert Debré, fondateur de la pédiatrie moderne, fut aussi le père de la réforme du plein temps hospitalier. Son père Michel, père… de la Constitution de la Ve République, fut Premier ministre du Général De Gaulle. Son frère Bernard, chirurgien urologue, est également jansonien.

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